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[Samedi, c’est pochette sur­prise] The Strokes, « Come­down Machine »

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Mal en point, plus au point, la légende pas tout à faite des Strokes a pris pas mal de coups : un de vieux, inca­pables de s’entendre le temps d’un enreg­istrement, l’autre de jeune, avec un nou­veau son venu arrondir les Angles. Pour leur prochain — qui sem­blerait presque pré­maturé — le quin­tet choisit la voix du raw, pas effrayé à l’idée de ren­trer un peu dans le rang.

Ce soir, Peter Edge paie son cham­pagne. Le bou­chon fait « Pop » comme la main gan­tée de cuir qui s’abattait pour aguicher sur le ferme fessier de l’album Is This It ?, et le CEO de RCA, pas peu fier de son exploit, rem­plit les ver­res de ceux qu’il a récupérés au bord de la route et à côté de leurs pom­pes. Les cinq garçons autour de la table se regar­dent d’un oeil franche­ment mau­vais, mais l’oreille a eu sa part, et bien­tôt c’est la part d’oseille pour cha­cun… « Alors les gars, et sa pochette, à Come­down Machine ? » se permet-​il en sor­tant la maque­tte finale, prête pour le pres­sage. Les Strokes se retrou­vent sur un air gêné.

La « pochette », élé­ment intrin­sèque et décisif d’un son édité, objet de cette rubrique que les dif­férents sup­ports d’enregistrement n’ont jamais réussi à sup­primer : en choi­sis­sant ce visuel, les Strokes ont évité quelques dépenses à la RCA, tout en lui faisant une place de choix. Un fea­tur­ing avec un rappeur samouraï de Brook­lyn ? Non, juste une recon­nais­sance éter­nelle au label pour avoir fait tenir le groupe tout entier (sur Angles, Casablan­cas enreg­is­trait à part) dans les stu­dios Elec­tric Lady de New York.

Oui, un exploit, dont les cir­con­stances sont inscrites dans le coin inférieur droit du carré orange-​trop-​mûre : 37 min­utes et 49 sec­on­des, soit le quasi-​équivalent d’un dou­ble album pour le groupe (seul First Impres­sions of Earth dépas­sait d’une tête les 50 min­utes). Une manière d’assurer que l’on tient la forme, au podomètre comme au métronome.

S’ensuivent 3 phrases, ne for­mant ni man­i­feste ni cri­tique : « Extra Strength », « Splice Free », « Pro­fes­sion­nal Stan­dard ». S’appliquent-elles aux Strokes, source de l’authentique, sans bavure ? La pochette serait alors bien plus rac­cord, puisque tirée des archives indus­trielles du label à l’époque où les ban­des mag­né­tiques vibraient sous ces cou­ver­tures brunes. Sûr que cela paraît bien austère : pour le précé­dent, Casablan­cas postait une fausse pochette d’Angles jugée raciste, et récidive cette fois en faisant du roller un thème vis­i­ble­ment cen­tral de Come­down Machine, explic­ité par deux propo­si­tions visuelles, dont celle-​ci…

rollerbladin casablancas the strokes

Tout n’est donc vis­i­ble­ment pas con­sommé entre les Strokes, quand bien même le leader et le gui­tariste Albert Ham­mond Jr se don­nent la main sur la nou­velle « lyrics cover » de One Way Trig­ger qu’a pub­lié Casablan­cas et qui joue avec les codes du vieux Hol­ly­wood — on vous épargn­era le jeu de mots avec son nom. Voilà ce à quoi ressem­ble un groupe après en avoir été un, voilà ce à quoi ressem­ble une pochette d’album avant de devenir une pochette d’album.

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